samedi 12 mai 2007

Rassemblons-nous pour réformer la France

Une élection est par définition un processus qui nous sépare les uns des autres, nous forçant à choisir entre deux camps occupés à souligner leurs différences. Mais en réalité, chacun de nous est moins éloigné des deux candidats que ce que l’on pourrait penser. Non seulement leurs grands thèmes sont les mêmes (comme par exemple l’emploi, la sécurité et l’éducation), mais parfois les réformes envisagées se recoupent aussi (par exemple les régimes spéciaux de retraite).

Dimanche dernier, les Français se sont déplacés une fois encore en masse et ont nettement tranché, accordant leur confiance au programme défendu par Nicolas Sarkozy. C’est à lui qu’incombe désormais la responsabilité de gouverner la France vers un avenir que nous espérons tous meilleur.

Il nous faut à présent mettre au placard notre militantisme partisan, au moins jusqu’au prochaines élections présidentielles. Et nous pencher ensemble sur les réformes à lancer. Car, après tout, l’immense majorité des électeurs a choisi dès le premier tour des candidats qui incarnaient une forte volonté de changement. A quoi bon déployer toute cette énergie si notre pays ne parvient finalement pas à changer.

Unissons nos forces aujourd’hui pour s’assurer que le vent du changement soufflera demain. Cela commence par élire, dans quelques semaines, des députés qui se reconnaissent dans le programme présidentiel ou sont capables d’élaborer des critiques constructives. Il est impératif de constituer une majorité forte à l’Assemblée Nationale pour que les réformes annoncées puissent être votées et appliquées. Mais il est aussi important d’avoir un contre-pouvoir suffisant pour éviter les dérives. Que l’intérêt général prime… et puis, dans cinq ans, nous voterons en fonction des résultats obtenus.

Personne ne peut savoir avec certitude si les propositions de M. Sarkozy sont les bonnes. Mais elles ont le mérite d’exister, et semblent être issues d’une étude approfondie. Tout changement comporte une part de risque, et bien que ça soit toujours un peu déstabilisant, pour espérer croître il faut savoir prendre des risques. Ayons le courage d’essayer, et jugeons par les résultats !

N’oublions pas que la seule alternative, c'est-à-dire s’opposer à tout changement, va à l’encontre la raison pour laquelle presque tous les Français ont voté. Refuser de changer, c’est nous catapulter tous vers une situation bien pire en 2012. Reculer année après année devant l’inévitable rend les mesures à prendre encore plus drastiques et coûteuses, tant économiquement que socialement.

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vendredi 4 mai 2007

Le passage difficile de la rhétorique à l’action

Le thème du moment, les concepts clés, pas besoin d’avoir fait l’ENA pour les connaître… et les inclure dans son programme politique et ses discours. Les Français sont mécontents, l'économie française est en crise… alors bien sûr, tous les candidats prônent le changement. Ils n’ont pas à faire preuve d’une grande créativité, le constat est tellement évident ! Pas étonnant donc que tous les partis semblent dire à peu près la même chose, et se distinguent seulement par les méthodes qu’ils préconisent.

Mais il en sera probablement tout autre lorsque le temps sera venu de tenir ses engagements, et de produire des résultats tangibles. Car si nos candidats partagent une pugnacité certaine, ils semblent loin d’être égaux dans leur courage, leur volonté et leur capacité d’action. Au-delà de la rhétorique de campagne, ces trois facteurs sont déterminants pour que les choses changent effectivement.

Tout commence avec une vraie volonté de changement. Vraie car elle trouve sa source dans une conviction personnelle à toute épreuve et établie depuis longtemps – bien avant le début d’une campagne présidentielle. Cette volonté donne la force au dirigeant de concevoir et de présenter ses projets de changement.

En plus de sa ferme volonté, un dirigeant efficace doit avoir le courage d’agir selon ses convictions profondes. C’est une qualité bien rare chez nos dirigeants politiques, coincés entre une opinion publique réfractaire au changement et une opposition composée d’adversaires plus préoccupés par leur carrière que par l’intérêt général. Il faut du courage pour oser mettre sa carrière en péril en abordant les sujets qui fâchent (comme les fameux “acquis sociaux”), en proposant les changements douloureux mais nécessaires.

Finalement, tout ceci ne sert à rien sans une véritable capacité d’action. Même avec beaucoup de volonté et le courage de s’investir corps et âme pour réformer la France, c’est une tâche qui relève presque du suicide. L’expérience acquise dans la pratique de la politique devient alors un atout essentiel pour éviter de commettre les “erreurs de débutant” dont personne ne peut prétendre s’affranchir.

Puisque le moment est maintenant venu de choisir, évaluons les deux candidats selon ces trois critères : lequel fait le plus preuve de volonté, de courage et de capacité d’action ?

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mercredi 2 mai 2007

Le glas de la victoire

Il est 7 heures. L'euphorie est maintenant retombée, les bouteilles de Champagne sont vides, les militants et leurs drapeaux repartis. Sans maquillage, les yeux cernés ne peuvent cacher le long et rude combat qu'ils viennent tout juste de remporter

Pour la plupart de ceux qui viennent d'être élus à l'Élysée, l'aube est livide. Elle sonne " le glas de la victoire ". L'immense succès personnel d'avoir réussi à accéder à la plus haute fonction de l'Etat est bien sûr grisant. Mais rien ne peut masquer la dure réalité à laquelle il va maintenant falloir faire face. Il leur faudra renier leurs engagements, piétiner ce rêve impossible à concrétiser mais auquel ils avaient presque fini par croire, à force de tout faire pour en convaincre leurs concitoyens. Heureusement avec un peu d'imagination, les raisons ne manqueront pas pour se justifier, lorsque l'absence de progrès deviendra évidente. Et au pire, il y aura toujours la possibilité de faire tomber un ou deux lieutenants (dont c'est en partie la fonction). Après tout, atteindre puis rester au sommet se fait au prix d'une lutte sans merci, où la fin justifie les moyens. Et puis, il faudra bientôt songer à la réélection.

Pour quelques-uns des vainqueurs au suffrage universel, le lever du jour est au contraire le début d'une nouvelle ère chargée d'espoir. Le point de départ d'une mission à laquelle ils ont décidé de consacrer leur vie. S'installer à la présidence, c'est enfin disposer du pouvoir nécessaire pour donner des ailes à leurs projets, longuement mûris. Leur cheminement passé n'avait pour but que d'accéder à ces capacités d'action, puisque c'est pour le transformer qu'ils veulent gouverner le pays. Le futur a beau être incertain, ils se montreront dignes de la confiance qu'on leur a accordée. Ils sauront prendre les risques nécessaires au changement, même si cela met leur carrière en péril. Les Français devront apprendre à être patients et à juger sur les résultats. Un deuxième mandat ? Chaque chose en son temps.

Laquelle de ces deux expériences, diamétralement opposées, vivra notre prochain(e) président(e)? Ou plus clairement : lequel des deux candidats sélectionnés semble le plus engagé à vraiment faire avancer notre pays, et pas seulement sa carrière ? C'est la question qu'il nous faut trancher aujourd'hui, avant d'entrer dans l'isoloir pour faire notre choix, avant de glisser notre bulletin de vote dans l'urne.

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