vendredi 8 juin 2007

La cohabitation, puissant moteur de l’immobilisme

A la veille des législatives, le sujet du partage des pouvoirs semble dominer beaucoup de conversations. La cohabitation semble en effet être une bonne idée, car elle introduit un équilibre de pouvoirs qui nous protège contre tout dérapage. Mais la cohabitation a également une fâcheuse tendance à stimuler l’immobilisme.

Lors d’une cohabitation, le jeu de l’opposition consiste typiquement à mettre des bâtons dans les roues du gouvernement, et ce jusqu’aux prochaines élections. Une fois celles-ci arrivées, l’opposition s’affaire alors à critiquer le gouvernement de n’avoir rien accompli. Lorsque l’opposition arrive à convaincre et gagner le vote des électeurs, les positions s’inversent et le même jeu recommence. Résultat : rien ne change.

Que d’énergie et d’activité gaspillées! Notre pays ferait mieux de soutenir son gouvernement et ses propositions de changements (quels qu’ils soient), quitte à abandonner plus tard tout ce qui ne produit pas les résultats attendus. Au pire, ces essais nous permettent d’apprendre ce qui ne marche pas et nous donnent l'opportunité de progresser –même si c’est par tâtonnement. De toute façon les changements sont presque toujours réversibles (bien qu’on aime à le penser autrement). L’erreur la plus grande est donc de ne rien changer, car là on est 100% sûr de ne pas arriver à améliorer les choses.

Séduit par le doux chant des sirènes de la cohabitation, notre pays se rapproche inexorablement des écueils de l’immobilisme. Il nous faut au contraire de l’audace : l’audace de maintenir le cap choisi le 6 mai dernier par la majorité des Français. L’audace de donner au nouveau président les moyens dont il a besoin pour mettre en place son programme. L’audace de créer un avenir différent, en espérant qu’il soit meilleur.

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samedi 12 mai 2007

Rassemblons-nous pour réformer la France

Une élection est par définition un processus qui nous sépare les uns des autres, nous forçant à choisir entre deux camps occupés à souligner leurs différences. Mais en réalité, chacun de nous est moins éloigné des deux candidats que ce que l’on pourrait penser. Non seulement leurs grands thèmes sont les mêmes (comme par exemple l’emploi, la sécurité et l’éducation), mais parfois les réformes envisagées se recoupent aussi (par exemple les régimes spéciaux de retraite).

Dimanche dernier, les Français se sont déplacés une fois encore en masse et ont nettement tranché, accordant leur confiance au programme défendu par Nicolas Sarkozy. C’est à lui qu’incombe désormais la responsabilité de gouverner la France vers un avenir que nous espérons tous meilleur.

Il nous faut à présent mettre au placard notre militantisme partisan, au moins jusqu’au prochaines élections présidentielles. Et nous pencher ensemble sur les réformes à lancer. Car, après tout, l’immense majorité des électeurs a choisi dès le premier tour des candidats qui incarnaient une forte volonté de changement. A quoi bon déployer toute cette énergie si notre pays ne parvient finalement pas à changer.

Unissons nos forces aujourd’hui pour s’assurer que le vent du changement soufflera demain. Cela commence par élire, dans quelques semaines, des députés qui se reconnaissent dans le programme présidentiel ou sont capables d’élaborer des critiques constructives. Il est impératif de constituer une majorité forte à l’Assemblée Nationale pour que les réformes annoncées puissent être votées et appliquées. Mais il est aussi important d’avoir un contre-pouvoir suffisant pour éviter les dérives. Que l’intérêt général prime… et puis, dans cinq ans, nous voterons en fonction des résultats obtenus.

Personne ne peut savoir avec certitude si les propositions de M. Sarkozy sont les bonnes. Mais elles ont le mérite d’exister, et semblent être issues d’une étude approfondie. Tout changement comporte une part de risque, et bien que ça soit toujours un peu déstabilisant, pour espérer croître il faut savoir prendre des risques. Ayons le courage d’essayer, et jugeons par les résultats !

N’oublions pas que la seule alternative, c'est-à-dire s’opposer à tout changement, va à l’encontre la raison pour laquelle presque tous les Français ont voté. Refuser de changer, c’est nous catapulter tous vers une situation bien pire en 2012. Reculer année après année devant l’inévitable rend les mesures à prendre encore plus drastiques et coûteuses, tant économiquement que socialement.

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vendredi 4 mai 2007

Le passage difficile de la rhétorique à l’action

Le thème du moment, les concepts clés, pas besoin d’avoir fait l’ENA pour les connaître… et les inclure dans son programme politique et ses discours. Les Français sont mécontents, l'économie française est en crise… alors bien sûr, tous les candidats prônent le changement. Ils n’ont pas à faire preuve d’une grande créativité, le constat est tellement évident ! Pas étonnant donc que tous les partis semblent dire à peu près la même chose, et se distinguent seulement par les méthodes qu’ils préconisent.

Mais il en sera probablement tout autre lorsque le temps sera venu de tenir ses engagements, et de produire des résultats tangibles. Car si nos candidats partagent une pugnacité certaine, ils semblent loin d’être égaux dans leur courage, leur volonté et leur capacité d’action. Au-delà de la rhétorique de campagne, ces trois facteurs sont déterminants pour que les choses changent effectivement.

Tout commence avec une vraie volonté de changement. Vraie car elle trouve sa source dans une conviction personnelle à toute épreuve et établie depuis longtemps – bien avant le début d’une campagne présidentielle. Cette volonté donne la force au dirigeant de concevoir et de présenter ses projets de changement.

En plus de sa ferme volonté, un dirigeant efficace doit avoir le courage d’agir selon ses convictions profondes. C’est une qualité bien rare chez nos dirigeants politiques, coincés entre une opinion publique réfractaire au changement et une opposition composée d’adversaires plus préoccupés par leur carrière que par l’intérêt général. Il faut du courage pour oser mettre sa carrière en péril en abordant les sujets qui fâchent (comme les fameux “acquis sociaux”), en proposant les changements douloureux mais nécessaires.

Finalement, tout ceci ne sert à rien sans une véritable capacité d’action. Même avec beaucoup de volonté et le courage de s’investir corps et âme pour réformer la France, c’est une tâche qui relève presque du suicide. L’expérience acquise dans la pratique de la politique devient alors un atout essentiel pour éviter de commettre les “erreurs de débutant” dont personne ne peut prétendre s’affranchir.

Puisque le moment est maintenant venu de choisir, évaluons les deux candidats selon ces trois critères : lequel fait le plus preuve de volonté, de courage et de capacité d’action ?

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mercredi 2 mai 2007

Le glas de la victoire

Il est 7 heures. L'euphorie est maintenant retombée, les bouteilles de Champagne sont vides, les militants et leurs drapeaux repartis. Sans maquillage, les yeux cernés ne peuvent cacher le long et rude combat qu'ils viennent tout juste de remporter

Pour la plupart de ceux qui viennent d'être élus à l'Élysée, l'aube est livide. Elle sonne " le glas de la victoire ". L'immense succès personnel d'avoir réussi à accéder à la plus haute fonction de l'Etat est bien sûr grisant. Mais rien ne peut masquer la dure réalité à laquelle il va maintenant falloir faire face. Il leur faudra renier leurs engagements, piétiner ce rêve impossible à concrétiser mais auquel ils avaient presque fini par croire, à force de tout faire pour en convaincre leurs concitoyens. Heureusement avec un peu d'imagination, les raisons ne manqueront pas pour se justifier, lorsque l'absence de progrès deviendra évidente. Et au pire, il y aura toujours la possibilité de faire tomber un ou deux lieutenants (dont c'est en partie la fonction). Après tout, atteindre puis rester au sommet se fait au prix d'une lutte sans merci, où la fin justifie les moyens. Et puis, il faudra bientôt songer à la réélection.

Pour quelques-uns des vainqueurs au suffrage universel, le lever du jour est au contraire le début d'une nouvelle ère chargée d'espoir. Le point de départ d'une mission à laquelle ils ont décidé de consacrer leur vie. S'installer à la présidence, c'est enfin disposer du pouvoir nécessaire pour donner des ailes à leurs projets, longuement mûris. Leur cheminement passé n'avait pour but que d'accéder à ces capacités d'action, puisque c'est pour le transformer qu'ils veulent gouverner le pays. Le futur a beau être incertain, ils se montreront dignes de la confiance qu'on leur a accordée. Ils sauront prendre les risques nécessaires au changement, même si cela met leur carrière en péril. Les Français devront apprendre à être patients et à juger sur les résultats. Un deuxième mandat ? Chaque chose en son temps.

Laquelle de ces deux expériences, diamétralement opposées, vivra notre prochain(e) président(e)? Ou plus clairement : lequel des deux candidats sélectionnés semble le plus engagé à vraiment faire avancer notre pays, et pas seulement sa carrière ? C'est la question qu'il nous faut trancher aujourd'hui, avant d'entrer dans l'isoloir pour faire notre choix, avant de glisser notre bulletin de vote dans l'urne.

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mardi 24 avril 2007

La démocratie est au pouvoir!

Quel que soit le résultat du second tour des élections, ces présidentielles se distinguent d’ores et déjà par le taux historique de participation des électeurs. Une excellente nouvelle! Ce sursaut démocratique après le séisme de 2002 est une victoire collective, à partager par tous les Français, qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche.

Notre pays a longtemps souffert de l’apathie des électeurs des «grands partis». Lassés de leurs dirigeants politiques et déçus par leur manque de progrès, ils s’étaient écartés de la politique par une abstention de principe (ou avaient au contraire marqué leur mécontentement par des votes aux extrêmes).

Mais en politique comme dans bien d’autres domaines, ne pas choisir est souvent pire que de choisir «le moindre mal» (si telle est votre opinion des divers candidats). En effet, ne pas voter c’est donner un soutien indirect aux partis extrêmes, dont les militants très motivés ne rateraient pour rien au monde l’occasion de voter. En d’autres mots, c’est leur offrir une visibilité et un poids de vote plus grands que ce qu’ils ont en réalité au sein de la population.

Aller voter en masse, c’est donc aussi très important pour redorer l’image de la France à l’étranger. La majorité des Français n’est pas raciste (en dépit de l’image répandue après les élections de 2002), de même que la majorité des Américains ne soutient pas la guerre en Irak (en dépit de la réélection de M. Georges W. Bush en 2004).

Alors quelle que soit votre orientation politique, votez au second tour! Voter c’est non seulement choisir d’être acteur de notre avenir commun, mais aussi renforcer la capacité d’action du futur gouvernement, soutenu par un plus grand nombre de nos concitoyens.

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dimanche 22 avril 2007

Pourquoi ce blog?

Ce blog s’inscrit dans le cadre d’une action associative en cours de montage. C’est le germe d’une campagne de réflexion et d’information destinée à faire réfléchir les Français sur divers thèmes qui nous concernent tous, thèmes souvent repris à droite comme à gauche. Notre objectif est de contribuer à faire évoluer progressivement la France vers un avenir radieux.

Précisons qu’il ne s’agit pas d’une campagne de soutien à quelque parti politique que ce soit (sinon on serait un peu en retard!). Bien au contraire, nous souhaitons regrouper le plus grand nombre de Français possible, quelles que soient leurs origine, religion ou orientation politique, afin de bénéficier d’une grande diversité d’opinions.

Notre objectif est un peu fou et nous avons besoin de votre aide pour faire connaître notre cause. C’est pourquoi nous vous demandons d’agir sans plus attendre en envoyant un lien vers ce blog à tous vos proches (famille, amis, collègues...). Aujourd’hui, vous avez l’opportunité de devenir un maillon essentiel dans une chaîne de porteurs d'espoir et de progrès.

Attention, nos discussions ont pour but de susciter un échange d’idées, et non de convaincre. S’il vous plaît, soutenez notre initiative… et d’autant plus si vous n’êtes pas totalement d’accord avec le contenu du texte ci-dessous. Soutenir notre action, c’est favoriser l’émergence d’un forum de discussion d’envergure nationale où chacun pourra, en apportant ses idées et ses réflexions, participer à sortir la France de son enlisement.

-Thierry Marbach, pour France Croissance

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samedi 21 avril 2007

Halte à la castration de nos hommes politiques!

Les Français ont un triste penchant à démolir leurs représentants politiques à la moindre occasion, n’épargnant ni la gauche ni la droite. Prenez par exemple l’exemple récent de la crucifixion de Dominique De Villepin à la suite de l'échec cuisant du CPE (Contrat de Première Embauche). Etiez-vous pour ou contre le CPE? Peu importe désormais. Mais les conséquences de ces levées de boucliers face à tout changement laissent des cicatrices qui défigureront le paysage politique français pour des années.

Transformer la lutte contre une proposition (un droit légitime et naturel) en une chasse à l’homme politique est dangereux. Dangereux car cela développe un climat où les hommes et les femmes politiques qui subissent un seul échec retentissant sont "finis". Où une carrière politique, qui se construit souvent sur des décennies, peut être perdue en quelques mois. Des maladresses, des erreurs, on en fait tous. Personne n'est parfait. Pourquoi s’attendre à ce que nos représentants n’en fassent aucune? Après tout, ce sont des hommes et femmes comme tout de monde. Au lieu de brûler vif nos élus à la suite d’une épreuve ou d’un échec, on devrait les soutenir... et même les remercier. Les remercier de vouer leur vie à réfléchir pour nous aux différents problèmes et opportunités de notre pays, et de s’efforcer d’y répondre en proposant des solutions et des pistes à approfondir.

C’est une vérité dure à avaler, mais il n'y a pas de succès sans prise de risque répétée, et il n'y a pas de prise de risque répétée sans échec. Les Français doivent donc accepter que nos hommes politiques puissent se planter de temps à autre, et les soutenir dans ces moments-là pour qu'ils trouvent le courage et la force de continuer à aborder leurs dossiers avec la même soif de réussite. Le milieu professionnel a démontré depuis longtemps que «les échecs préparent les futurs succès», et que la prise de risque doit être encouragée car elle seule donne naissance au progrès. Appliquons la même logique en politique!

La plupart des Français veulent du changement mais refusent d’en payer le prix. Le prix est simplement de soutenir nos élus dans leur recherche de solutions pragmatiques, et d’accepter de se risquer à essayer des choses nouvelles. En luttant quasi systématiquement contre leurs propositions et mesures de changement, nous incitons au contraire nos personnalités politiques à ne pas prendre le risque d’agir. Et après, tout le monde se plaint du manque de progrès, de réformes, d'emploi!

Notre plaidoyer pour nos hommes et nos femmes politiques a un but précis : lancer une prise de conscience que les fautes qu'on leur reproche ne sont que le reflet de nos propres comportements et choix politiques. Refuser à nos représentants le droit à l’erreur, c’est les démunir de leur capacité d'action. C'est donc aussi les démunir de leur vocation altruiste d’agir pour le bien commun, de façon désintéressée. Que leur reste-t-il alors : les luttes intestines de pouvoir et la poursuite d'intérêts personnels. Nous, les Français, en sommes responsables, et nous pouvons choisir d’y mettre fin en arrêtant de croire que courir aux urnes pour changer d’élus résoudra tous nos problèmes. Elire de nouvelles têtes, ce n’est que traiter le symptôme de nos problèmes : pour combattre la maladie, ce sont nos comportements qu’il nous faut avoir le courage de changer.

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