Le passage difficile de la rhétorique à l’action
Le thème du moment, les concepts clés, pas besoin d’avoir fait l’ENA pour les connaître… et les inclure dans son programme politique et ses discours. Les Français sont mécontents, l'économie française est en crise… alors bien sûr, tous les candidats prônent le changement. Ils n’ont pas à faire preuve d’une grande créativité, le constat est tellement évident ! Pas étonnant donc que tous les partis semblent dire à peu près la même chose, et se distinguent seulement par les méthodes qu’ils préconisent.
Mais il en sera probablement tout autre lorsque le temps sera venu de tenir ses engagements, et de produire des résultats tangibles. Car si nos candidats partagent une pugnacité certaine, ils semblent loin d’être égaux dans leur courage, leur volonté et leur capacité d’action. Au-delà de la rhétorique de campagne, ces trois facteurs sont déterminants pour que les choses changent effectivement.
Tout commence avec une vraie volonté de changement. Vraie car elle trouve sa source dans une conviction personnelle à toute épreuve et établie depuis longtemps – bien avant le début d’une campagne présidentielle. Cette volonté donne la force au dirigeant de concevoir et de présenter ses projets de changement.
En plus de sa ferme volonté, un dirigeant efficace doit avoir le courage d’agir selon ses convictions profondes. C’est une qualité bien rare chez nos dirigeants politiques, coincés entre une opinion publique réfractaire au changement et une opposition composée d’adversaires plus préoccupés par leur carrière que par l’intérêt général. Il faut du courage pour oser mettre sa carrière en péril en abordant les sujets qui fâchent (comme les fameux “acquis sociaux”), en proposant les changements douloureux mais nécessaires.
Finalement, tout ceci ne sert à rien sans une véritable capacité d’action. Même avec beaucoup de volonté et le courage de s’investir corps et âme pour réformer la France, c’est une tâche qui relève presque du suicide. L’expérience acquise dans la pratique de la politique devient alors un atout essentiel pour éviter de commettre les “erreurs de débutant” dont personne ne peut prétendre s’affranchir.
Puisque le moment est maintenant venu de choisir, évaluons les deux candidats selon ces trois critères : lequel fait le plus preuve de volonté, de courage et de capacité d’action ?
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