mercredi 2 mai 2007

Le glas de la victoire

Il est 7 heures. L'euphorie est maintenant retombée, les bouteilles de Champagne sont vides, les militants et leurs drapeaux repartis. Sans maquillage, les yeux cernés ne peuvent cacher le long et rude combat qu'ils viennent tout juste de remporter

Pour la plupart de ceux qui viennent d'être élus à l'Élysée, l'aube est livide. Elle sonne " le glas de la victoire ". L'immense succès personnel d'avoir réussi à accéder à la plus haute fonction de l'Etat est bien sûr grisant. Mais rien ne peut masquer la dure réalité à laquelle il va maintenant falloir faire face. Il leur faudra renier leurs engagements, piétiner ce rêve impossible à concrétiser mais auquel ils avaient presque fini par croire, à force de tout faire pour en convaincre leurs concitoyens. Heureusement avec un peu d'imagination, les raisons ne manqueront pas pour se justifier, lorsque l'absence de progrès deviendra évidente. Et au pire, il y aura toujours la possibilité de faire tomber un ou deux lieutenants (dont c'est en partie la fonction). Après tout, atteindre puis rester au sommet se fait au prix d'une lutte sans merci, où la fin justifie les moyens. Et puis, il faudra bientôt songer à la réélection.

Pour quelques-uns des vainqueurs au suffrage universel, le lever du jour est au contraire le début d'une nouvelle ère chargée d'espoir. Le point de départ d'une mission à laquelle ils ont décidé de consacrer leur vie. S'installer à la présidence, c'est enfin disposer du pouvoir nécessaire pour donner des ailes à leurs projets, longuement mûris. Leur cheminement passé n'avait pour but que d'accéder à ces capacités d'action, puisque c'est pour le transformer qu'ils veulent gouverner le pays. Le futur a beau être incertain, ils se montreront dignes de la confiance qu'on leur a accordée. Ils sauront prendre les risques nécessaires au changement, même si cela met leur carrière en péril. Les Français devront apprendre à être patients et à juger sur les résultats. Un deuxième mandat ? Chaque chose en son temps.

Laquelle de ces deux expériences, diamétralement opposées, vivra notre prochain(e) président(e)? Ou plus clairement : lequel des deux candidats sélectionnés semble le plus engagé à vraiment faire avancer notre pays, et pas seulement sa carrière ? C'est la question qu'il nous faut trancher aujourd'hui, avant d'entrer dans l'isoloir pour faire notre choix, avant de glisser notre bulletin de vote dans l'urne.

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2 commentaires:

Anonyme a dit…

Le débat d’hier soir a éclairé bien des points pour moi, qui était un peu indécis.

Royal ne me semble pas très crédible car elle ne donne pas de détails, et semble mal comprendre la façon dont marche l’Etat. Ses points forts c’est sa forte personnalité, son sourire, et sa stratégie d’attaque sur des petits points assez localisés. Ses propositions semblent un peu enfantines (par exemple l’accompagnement des femmes le soir). Et au lieu de présenter ses points, c’est elle qui a commencé à attaquer systématiquement Sarkozy sur ce qu’il (ou Chirac) « n’a pas fait » dans les années passées. J’ai l’impression que toutes les promesses sont bonnes pour séduire, qu’elles soient réalistes ou non.

Quant à Sarkozy, c’est bien dommage car son programme semble relativement bien pensé et il connaît le système, mais il contrôle mal ses émotions et donc se laisse trop facilement entraîner dans des échanges houleux et des basses techniques d’interruption. Ca finit par salir ses propositions. Un autre point : j’aime le fait qu’il a le courage de dire les choses comme elles le sont, même si ça ne plaît pas. C’est ce dont on a besoin, au lieu de politiciens qui nous prennent pour des imbéciles.

Anonyme a dit…

Moi je suis socialiste et je déplore la représentation de la gauche pour ces élections. Ségolène Royal est en train de détruire l’image du PS, un parti sensible, intelligent et constructif. Je n’aurais songé voter autrement au premier tour, mais là je ne sais plus trop. Lors du débat de mercredi elle s’est montrée incroyablement agressive et arrogante, pire encore que Nicolas Sarkozy ! Et en plus elle renie certaines de nos valeurs traditionnelles. Ou va-t-on ! Je veux que la gauche revienne au pouvoir de façon durable, pas juste pour 5 ans de catastrophe ! Je ne veux pas devoir voter à droite comme en 2002… ne me reste-t-il donc comme option que le bulletin blanc ?